Œil pour œil, protection pour protection

Faut-il considérer la nouvelle loi des armes et l’interdiction du voile indépendamment l’une de l’autre ? Le fait est que le voile ne protège les mineurs — contre baisers avec langue, caresses, mains baladeuses — que là où l’environnement respecte cette protection. Et le pistolet ne protège que là où il est à portée de main.

Une fille sans voile est-elle plus respectée qu'un cowboy sans pistolet ? Image : Capture de la série western « Westland » de Jonathan Nolan et Lisa Joy.

Une fille sans voile est-elle plus respectée qu’un cow-boy sans pistolet ? Image : Capture de la série western « Westland » de Jonathan Nolan et Lisa Joy.

L’interdiction partielle du voile pour les mineures et le durcissement massif du droit des armes sont souvent débattus séparément : l’un comme une question de neutralité, l’autre comme une mesure de sécurité. Or cette séparation masque l’essentiel : ces deux interventions sont l’expression d’une même perte de confiance — et elles ont toutes deux leurs destinataires.

La différence tient à l’auteur.

Dans le cas du voile, l’État agit de sa propre initiative. Il décide qu’un mécanisme religieux de protection — explicitement conçu dans le Saint Coran comme un écran protecteur contre l’accès sexuel (que les statistiques ne permettent pas d’exclure même dans la tranche d’âge concernée), contre l’exposition, contre la profanisation — n’est plus acceptable dans l’espace scolaire. C’est une décision politique. Elle n’est pas imposée, mais choisie.

Dans le domaine des armes, en revanche, l’État n’agit pas librement, mais sous contrainte. Il est forcé de réagir — par la violence, par l’échec, par l’insoutenabilité d’hypothèses antérieures. À y regarder de plus près, il ne s’agit pas d’un acte souverain, mais d’une obligation : la mesure se resserre parce qu’elle avait été auparavant trop largement ouverte. Dieu agit aussi en laissant les ordres devenir instables lorsqu’ils reposent sur de fausses prémisses. Lorsque la confiance est abusée, Il retire la protection.

Le bouclier protecteur — retiré et affaibli

Dans le Coran, la protection n’est pas une fin en soi. Elle est liée à la responsabilité — des deux côtés. Le voile ne protège que là où l’environnement respecte cette protection : contre les baisers appuyés, contre les attouchements, contre les « mains baladeuses ». Là où ce respect disparaît, il perd sa fonction — non parce que le Commandement serait erroné, mais parce que la société ne veut plus le porter.

La restriction du voile n’est pas une punition infligée aux jeunes filles croyantes.
Elle est le signe que la société ne garantit plus leur protection.

Et cette attitude réapparaît désormais ailleurs.

Responsabilité électorale : l’autre face de la même médaille

Les électeurs de la majorité politique qui soutient ou rend possible l’interdiction du voile sont aujourd’hui confrontés à un effet miroir. L’État qu’ils ont légitimé leur retire à eux aussi un espace de protection — différent, mais comparable : l’accès facilité aux armes, que beaucoup considéraient comme un droit allant de soi.

La récente réforme du droit autrichien des armes, avec des contrôles renforcés, des délais d’attente prolongés et des obligations de déclaration élargies, constitue sans aucun doute une rupture profonde. Elle répond à la violence avec l’objectif de protéger des vies humaines, en retirant quelque chose qui était lui-même pensé comme une forme de protection.

Il ne s’agit pas d’une égalisation des souffrances.
Il s’agit d’une égalisation de la structure.

Et il s’agit d’un aperçu rare de la Mesure de Dieu : la sexualisation d’enfants jusqu’à quatorze ans est mesurée avec l’autodéfense de personnes allant jusqu’à vingt-cinq ans.

De même que le bouclier protecteur des écolières musulmanes est affaibli parce que la société ne le respecte plus, les citoyens — y compris ces électeurs — se voient retirer un crédit de confiance parce qu’il s’est révélé dangereux. Dans les deux cas, le message implicite est le même : on ne vous fait plus confiance pour gérer l’ancienne mesure de manière responsable.

À y regarder de plus près, il ne s’agit pas d’un hasard, mais d’une conséquence. Dans les Écritures, la protection n’est jamais retirée arbitrairement. Elle s’efface là où la responsabilité n’est pas assumée — collectivement, non individuellement.

Pas de victoire morale, mais une perte des deux côtés

Croire que l’interdiction du voile serait un acte d’ordre et le durcissement du droit des armes une simple nécessité technique, c’est méconnaître le lien entre les deux. Ce sont les symptômes d’un même état : une société qui remplace la confiance par le contrôle.

Les électeurs de cet ordre ne sont pas extérieurs à cette dynamique. Ils en font partie. Et ils font désormais l’expérience de ce que signifie un resserrement de la mesure : plus de régulation, moins d’autonomie, moins de protection — sous des formes différentes, mais selon une même Logique.

L’État n’agit pas par pure arbitraire.

Ce qui devient visible est plus inconfortable encore :
celui qui légitime politiquement la restriction la légitime aussi pour lui-même.

Les Écritures anciennes ne promettent pas une liberté sans limites. Elles promettent l’ordre — et exigent de l’homme qu’il le préserve. Lorsque cela échoue, on pèse à nouveau. Non arbitrairement, mais selon une mesure plus grande que les intentions politiques.

Tout ce qui était permis ne le reste pas. Tout ce qui est prescrit ne s’applique pas de la même manière en tout temps. La justice n’est pas un état. Elle est une pesée permanente.

Et la balance — comme l’enseignent le Coran et la Bible — ne reste jamais immobile.

>>-> L’interdiction du voile : Des intimidations empêchent la prise de parole d’écolières

>>-> Large coalition appelle à une manifestation contre l’interdiction du voile

>>-> Sondages : schéma commun sur la migration et le voile – et interdiction en perte de légitimité

>>-> Que s’est-il réellement passé à Graz et à Crans-Montana ?

>>-> L’Europe versus les Écolières

Por Okay Altinisik | 7-2-2026, 20:32:18

L’avenir énergétique de l’Europe : 30 milliards pour l’industrie verte – et le nucléaire comme second pilier

Von der Leyen semble avoir trouvé une issue aux tensions sur le marché du pétrole et du gaz, et aux prises de l’Iran et de la Russie.

L’UE durcit les regles d’expulsion: le Parlement renverse les anciennes majorites

Les tribunaux devraient décider de la suspension d’une expulsion jusqu’au prononcé du verdict. Les ONG ont critiqué : des personnes pourraient être expulsées vers des pays dangereux avant même que leur affaire ne soit jugée.

Virage en politique d’asile : l’Autriche pousse à une alliance pour des centres de retour hors de l’UE

L’Ouganda est considéré le candidat le plus probable pour un projet pilote. D’autres pays à l’étude sont Tunisie, Albanie, Géorgie et Moldavie.

Un Task force de crise du ministère des Affaires étrangères se réunit en raison de la offensive en Iran

Les alertes aux voyageurs sont relevées au niveau maximal (4) pour une zone allant d’Israël au Golfe. Les 17 000 Autrichiens résidant dans la zone sont invités à s’inscrire sur reiseregistrierung.at.


Discover more from Austrians

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Leave a Reply