Environ un quart de l’année, les femmes du Vorarlberg sont en fait réduites en esclavage – selon les statistiques officielles sur le revenu. Comment cela peut-il se produire, aujourd’hui, dans le monde libre ? Le mot magique est ici comme partout dans le monde : la banalisation.

Le graphique correspond aux calculs du BPW Austria et de l’AMS pour le Equal Pay Day sur la base des données de Statistk Austria.
À l’occasion morose de l’Equal Pay Day autrichien d’aujourd’hui, l’équipe d’Austrians, avec l’aide de l’intelligence artificielle, a élaboré une étude accablante. Pour clarification : l’Equal Pay Day marque symboliquement le moment de l’année jusqu’auquel les femmes — mesuré à partir de l’écart salarial moyen — devraient travailler gratuitement afin d’atteindre le revenu des hommes. Plus cette date est tardive dans l’année, plus l’écart salarial est important.
La situation en Autriche
L’écart salarial entre les femmes et les hommes reste marqué en Autriche et varie fortement selon les Länder. Les calculs récents de BPW Austria et du service public de l’emploi (AMS) montrent que les femmes continuent de gagner sensiblement moins que les hommes en moyenne, avec des différences régionales considérables.
L’écart le plus faible est observé à Vienne : il s’élève à environ 11 %, ce qui correspond à quelque 40 jours de travail non rémunéré par an. Le Burgenland (15,3 %) et la Basse-Autriche (16,5 %) se situent également en dessous de la moyenne nationale.
L’écart est nettement plus élevé dans les Länder occidentaux. En Haute-Autriche, il dépasse 20 %, tandis qu’en Vorarlberg il atteint le niveau le plus élevé avec 22,7 %. Statistiquement, les femmes doivent y travailler environ 83 jours supplémentaires pour atteindre le revenu annuel moyen des hommes.
La Carinthie, la Styrie, Salzbourg et le Tyrol se situent dans le groupe intermédiaire, avec des écarts compris entre environ 17 et 18,6 %. À l’échelle nationale, l’écart salarial non ajusté s’élève à environ 18 %.
Ces différences s’expliquent notamment par la structure économique, la part du travail à temps partiel, les niveaux de rémunération sectoriels et la répartition inégale des postes de direction. L’Equal Pay Day rend cette inégalité visible de manière symbolique.
Sous le mot d’ordre : les esclaves féminines ne sont pas de vraies esclaves
Notre étude sur l’Equal Pay Day estimé dans les pays du G20 et dans l’UE met en lumière l’écart entre les ambitions et la réalité en matière d’égalité des sexes.

Les données présentées reposent sur des estimations uniformes fondées sur l’écart salarial non ajusté, converti en jours calendaires. Elles ne remplacent pas les statistiques nationales, mais permettent une comparaison internationale. Sources : OCDE, Eurostat, OIT (International Labor Organization).
Principaux résultats
L’Asie de l’Est se distingue particulièrement négativement : la Corée du Sud et le Japon affichent des Equal Pay Days très tardifs.
De grandes démocraties occidentales comme l’Allemagne, les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni se situent dans la moyenne, loin d’une véritable égalité salariale.
L’Autriche et la moyenne de l’UE obtiennent de meilleurs résultats que de nombreux pays du G20, mais restent néanmoins loin de l’objectif d’égalité totale.
Les pays dont les dates sont très précoces (par exemple l’Italie ou la Turquie) bénéficient parfois d’effets structurels — comme un taux plus faible d’emploi à temps plein des femmes — plutôt que d’une égalité réelle.
La contradiction politique
Un contraste normatif frappant apparaît : de nombreux pays qui se positionnent sur la scène internationale comme particulièrement critiques envers l’Islam ou la religion et justifient des interdictions du voile ou des restrictions des symboles religieux par des arguments féministes présentent simultanément d’importantes inégalités salariales entre femmes et hommes.
La référence aux droits des femmes sert souvent d’outil de démarcation culturelle, tandis que la réalité matérielle — un salaire égal pour un travail égal — demeure non résolue. Le féminisme invoqué dans le discours politique s’avère ainsi symbolique plutôt qu’économiquement efficace.
Commentaire : quelle est la valeur de ce féminisme ?
Accorder systématiquement aux femmes un salaire inférieur pour un travail égal revient à les maintenir de facto dans une dépendance économique. L’égalité se réduit alors à un discours, tandis que les rapports de pouvoir et de propriété demeurent inchangés. Les chiffres disponibles suggèrent que, dans de nombreux États, l’égalité n’échoue pas faute de déclarations culturelles, mais au niveau de la fiche de paie.
Un contraste normatif est particulièrement frappant : le Saint Coran énonce explicitement dans la Sourate An-Nahl (16:71) le principe selon lequel les êtres humains ne doivent pas se léser mutuellement dans leurs moyens de subsistance. Indépendamment de toute interprétation religieuse, il s’agit là d’une exigence claire de justice qui contredit l’écart salarial bien réel observé dans de nombreux pays se présentant comme des précurseurs de l’égalité.
« Et Allah a préféré certains d’entre vous à certains dans la Subsistance. Alors, ceux qui étaient préférés ne sont pas le retourneur de leur Subsistance à qui de leurs mains droites possédait-il afin qu’ils soient égaux en elle. Est-ce alors la Bénédiction d’Allah qu’ils rejettent ? »
Le Saint Coran, An-Nah / L’Abeille 16:71
Si les démocraties du soi-disant « monde libre » prétendent être des modèles en matière de droits humains et de droits des femmes, ce tableau interroge également leur conception de la démocratie : la liberté politique sans égalité économique demeure vide de sens.
Conclusion
L’Equal Pay Day est plus qu’une simple date dans le calendrier. C’est un test de réalité. Tant que les femmes, dans de vastes régions du monde — y compris dans des démocraties établies — gagneront moins que les hommes pour un travail égal, l’égalité restera, pour le dire avec retenue, une promesse non tenue et, sans euphémisme, une esclavage.
>>-> Pourquoi les jeunes Autrichiennes tombent dans le piège salarial malgré leurs progrès
Par Okay Altinisik | 11-2-2026, 9:31:03
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